« Corps et âmes »

2000

Michel CHARLIER-HALDORF Huile sur toile  89 x 116 cm

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Les zones industrielles ou portuaires que je visite me donnent une image révélatrice du monde dans lequel je vis. Dans ces « coulisses de la ville » je vois ce que je ne suis pas sensé devoir regarder. Elles sont pour moi des lieux de dépaysement dans lesquels je ressens une ambivalence de mes sentiments à l’égard de ce que je j’observe.
Lorsque l’appel d’une chose couvre le bruit de fond du monde, je prends l’objectif à témoin de ce que je vois, je circonscris le territoire propice au départ de feu et je passe la zone au peigne fin.
Mes prises de vues sur les quais sont à la base de mon travail pictural. Elles font l’objet de différents découpages et montages qui bouleversent la perception spatiale des choses. Ce sont des « données mêlées » à partir desquelles s’opère l’ajustement jubilatoire d’une image imprévue.
Le conscient saisit les images de la réalité qu’il veut décrypter et l’inconscient associe spontanément certaines images entre elles.
Le montage n’obéit à aucune méthode de construction. Il est obtenu quand un ajustement extérieur coïncide avec un flash intérieur. Les découpes du tissu d’extériorité démantèlent la cohérence de la rationalité technique.
L
a figuration d’une chose me parait parfois plus vraie lorsqu’elle est provoquée par la juxtaposition de différents fragments d’images.
La ressemblance présente toujours du jeu. Elle résulte d’une tension entre représentation et imagination, entre réalisme et abstraction.
Je peins l’ombre d’un doute. Les apparences sont trop trompeuses pour que je veuille les sauver dans mes tableaux. Je peins avec certitude mes incertitudes.
Ce qui fait sens dans le tableau ne m’est pas donné par la figure du visible mais par ce qui se trame dans la chaîne du visible.
Les choses vues me fournissent les éléments à partir desquels je peins une vision du « malaise dans la civilisation ».
L’image, revue et corrigée, de différentes choses extraites d’un univers déshumanisé, fait voir l’inquiétante étrangeté que recèle le banal apparent de la société industrielle.

Artistes

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